Courte présentation de la méthode de réalisation des panoramiques
La plupart des logiciels d’assemblage de photos s’efforcent de trouver des correspondances entre deux photos à assembler. Le petit génie du logiciel se dit : « Tiens, il y a dans le coin inférieur droit de la photo de gauche un objet ou un motif qui ressemble furieusement à un motif que je retrouve sur le bord gauche de la photo de droite… Je vais assembler ces deux photos en utilisant cette ressemblance ». Cette technique, compliquée, sophistiquée et répétée de nombreuses fois, est d’ordinaire précise mais force souvent le logiciel à faire un peu de patouille autour de ces points de repère pour concilier tous ces petits ajustements.
WindVisu procède d’une façon différente, purement géométrique. L’idée est la suivante : les rayons lumineux provenant d’un objet tracent un dessin sur le plan de la photo, qui ne dépend que de l’orientation de ce plan. Il y a ce qu’on appelle de façon pompeuse un homéomorphisme entre la direction des rayons lumineux et le tracé de la photo par ces rayons sur le capteur de l’appareil. Ça veut dire aussi que chaque pixel de la photo renseigne à l’inverse sur la direction du rayon lumineux qui est venu le frapper. Ceci à condition de connaître précisément l’orientation de l’appareil au moment de la prise de vue. Mais c’est ce que sait WindVisu : la représentation des éoliennes en réalité virtuelle utilise justement cette connaissance.
On comprend donc que si on connait cette orientation, on peut dans WindVisu reprojeter la photo sur un plan orienté différemment, par exemple celui d’une photo voisine : on obtient ainsi un assemblage.
Ce qu’il faut retenir, si vous êtes pressé, est ceci : WindVisu peut « voler » une photo pour la projeter sur une autre. Le procédé est purement géométrique, et fondamentalement simple même s’il fait intervenir des calculs qui peuvent être compliqués.
De fait, le plan de projection choisi pour le panoramique est tout simple : il correspond à la moyenne des visées de chaque photo (donc à une visée centrale) et à la moyenne de leurs inclinaisons verticales. WindVisu assume ainsi que les effets de plongée ou de contreplongée sont voulus. Mais WindVisu choisit une inclinaison latérale nulle. Ceci redresse automatiquement les photos prises un peu négligemment.
C’est l’essentiel. Au-delà, il y a deux sujets d’importance secondaire qui sont traités : l’assemblage du ciel quand il est nuageux et que les nuages se déplacent, l’harmonisation des luminosités, car deux photos prises l’une vers le sud, l’autre vers l’ouest, ont des luminosités différentes.
L’assemblage des éoliennes est encore plus simple : elles sont projetées directement sur le même plan que celui du panorama de paysage.
Techniques de réalisation du panoramique
Comment réaliser ces photos avant leur assemblage ? un mot d’abord sur le matériel. Là, le trépied devient vraiment indispensable. Il doit permettre de faire pivoter l’appareil autour d’un axe le plus vertical possible. Il est judicieux de se munir d’un rail qui, fixé à la tête du trépied, permet de décentrer l’appareil de façon à ce qu’on son objectif soit à la verticale de l’axe du trépied. Ainsi, quand l’appareil est tourné, l’objectif pivote sans changer de position. Ceci évite les erreurs dites de « parallaxe ».
Un mot sur les autres contraintes de réalisation. Tout d’abord, les visées doivent varier de moins de 30° entre chaque photo. Cela permet une plage de recouvrement raisonnable entre les photos, de l’ordre de 10°. Ensuite, il faut respecter une unité de lieu, de temps et d’action :
- Unité de lieu : prendre les photos du même endroit, donc sans bouger le trépied.
- Unité de temps : les prendre dans un laps de temps limité (10 minutes) de façon à éviter un changement de paysage trop important entre deux photos.
- Unité d’action : le processus est le même que pour un photomontage ordinaire : s’assurer de la position, prévisualiser, calibrer sur un repère du paysage, puis viser et vous assurer de la relative horizontalité de l’appareil (les indications qui vous permettent de le faire figurent en vert en bas de l’écran), prendre la photo, procéder à des retouches, revenir dans l’écran principal et recommencer avec une visée décalée de 25° à (moins de) 30° : visualiser, calibrer à nouveau, etc. …
Avec une tablette de 65° d’angle de vue (un cas fréquent), vous pouvez couvrir jusqu’à 115° avec trois photos espacées de 25°. Vous pouvez aussi assembler autant de photos que vous voulez dans les limites du raisonnable : il vaut mieux éviter de multiplier les photos à assembler. A mon avis, il vaut mieux ne pas dépasser 120° d’angle de vue, ce qui nécessitera trois ou quatre photos suivant leur espacement.
Le panoramique peut se faire chez soi. Si un panoramique est faisable, une icône de l’écran de gestion des documents vous en avertit. Elle vous donne la liste des panoramiques possibles pour ce projet et vous permet d’en choisir un.
Le panoramique se fait sous vos yeux.
Un mot sur la perspective de ces panoramiques
La plupart des cabinets d’études des promoteurs choisissent la facilité : ils assemblent des photos en panoramique en utilisant une perspective cylindrique. Ceci leur permet ensuite de redécouper leur panoramique de façon à présenter des vues cohérentes à 40° ou 50° (et même parfois 60°). Mais le panoramique lui-même présente alors visuellement un gros défaut, jamais relevé : il serait parfait à condition d’être reproduit sur une surface cylindrique, mais ce n’est pas le cas : il est quasiment toujours vu à plat, sur la feuille d’un carnet de photomontages ou un écran ordinaire. Or, la perspective cylindrique n’est pas adaptée à l’observation d’un photomontage reproduit sur une surface plane, parce qu’elle minimise l’impact visuel des éoliennes situées vers les bords de l’image. La seule projection qui permette de représenter un panoramique sur une surface plane, de façon optiquement réaliste, est la projection dite rectilinéaire. Il est étonnant que jamais personne n’ait relevé ce problème sur les panoramiques produits dans les dossiers d’études d’impact. Il est vrai que les photographes ne sont pas toujours géomètres ou opticiens …